Embauches : ces discriminations toujours aussi fortes

La discrimination à l’embauche ne finit pas de faire parler d’elle. Loin d’être un sujet inédit, elle fait déjà l’objet de plusieurs lois à destination des employeurs. Le point sur les problèmes rencontrés et sur l’efficacité des mesures que vous devez appliquer en tant que responsable d’entreprise.

Quels sont les facteurs de discrimination à l’embauche ?

Pour un employeur qui souhaiterait revoir ses processus de recrutement, et être en totale conformité avec les bonnes pratiques, la discrimination est une notion vague. Il faut donc commencer par établir les facteurs discriminants. Quand peut-on parler de discrimination ? Le baromètre de perception des discriminations dans l’emploi publié par l’IFOP en janvier 2015 constitue un bon indicateur. Il liste ces critères qui sont perçus, par un ensemble de sondés, comme discriminants.

  • L’âge arrive en tête des facteurs de discrimination avec 88% lorsqu’il s’agit des demandeurs d’emploi de plus de 55 ans. Pour les jeunes, il arrive en avant-dernière position avec 28%.
  • Le genre est ensuite cité, particulièrement la maternité avec 85% et le fait d’avoir des enfants avec 50%.
  • L’apparence physique obtient ensuite la troisième position avec 81% des demandeurs d’emploi considérant qu’un style vestimentaire non-conforme à l’entreprise est source de discrimination. L’obésité est également perçue comme un inconvénient par les trois-quarts du panel.
  • Le handicap visible ou invisible est lui aussi source de discrimination pour respectivement 77% et 68% des interrogés.
  • L’origine et la couleur de peau sont considérés comme des freins à l’embauche par plus de 60% des interrogés. Il s’agit plus particulièrement des noms à consonance étrangère avec 66%, de l’accent avec 64% et de la couleur de peau avec 62%.
  • La précarité enfin est elle aussi un problème pour près de la moitié des demandeurs d’emploi. Cela est particulièrement vrai si le demandeur d’emploi habite dans un quartier sensible pour 63% des interrogés.

Il est à noter que depuis la dernière étude de l’IFOP conduite en 2013, seuls quelques facteurs de discrimination ont régressé. Ces baisses sont évaluées de 4 points pour l’obésité à 7 points pour la jeunesse.

Quelles mesures mettre en place pour lutter contre la discrimination à l’embauche ?

La discrimination à l’embauche est une stratégie qui peut vous coûter cher en tant qu’employeur. D’un point de vue légal tout d’abord, puisque vous risquez des amendes pouvant se chiffrer dans les dizaines de milliers d’euros. Mais aussi d’un point de vue stratégique puisque vous risquez de passer à côté de bons profils et de futurs talents, simplement sur un « préjugé ». Pour éviter la discrimination, cela commence dès l’examen des CV. Il a été question d’imposer l’anonymat, une mesure prise en 2006 qui n’aura finalement jamais été appliquée.

Ne pas tenir compte des informations personnelles est donc une première piste pour maintenir l’égalité des chances. Toutefois, l’axe de travail principal pour un employeur qui souhaite recruter reste l’entretien d’embauche. Il convient par exemple d’éviter de questionner un candidat sur son origine s’il est étranger ou sur son âge s’il s’agit d’un sénior. Ces questions seront en effet plus facilement perçues comme discriminantes par le candidat concerné. De plus, elles sont souvent illégales comme le précise l’art. L1132-1 du code du travail.

L’Etat souhaite continuer à lutter contre la discrimination et envisage plusieurs solutions comme la distribution de labels, le durcissement des sanctions et une meilleure sensibilisation des recruteurs. Si en tant qu’employeur vous souhaitez être proactif sur la question de la discrimination, vous pouvez vous-même renforcer le suivi de vos recruteurs et mettre en place des actions de formation. Communiquez sur vos bonnes pratiques et votre politique RH si celle-ci est transparente et non-discriminante.

Depuis quelques semaines, la question de la discrimination fait la une de l’actualité avec une nouvelle campagne du gouvernement. Intitulée sobrement « campagne de lutte contre la discrimination à l’embauche », elle se décline en trois temps : une étude économique sur le coût de la discrimination, un test auprès de 1000 entreprises, et bien sûr une campagne de communication. Vous pouvez suivre cette dernière grâce au hashtag #LesCompétencesDabord.