Pour une entreprise, connaître le coût global de ses salariés est fondamental pour une bonne gestion et cela passe, notamment, par la connaissance précise des cotisations sociales. Ces dernières, qu’elles soient salariales ou patronales, sont dues sur les salaires bruts versés aux employés d’une entreprise. Dans les faits, l’employeur collecte les cotisations salariales dues par le salarié, pour ensuite les reverser aux différents organismes (Urssaf, de prévoyance et retraite, de formation continue, de taxe d’apprentissage…). De son côté, il doit également verser des cotisations patronales. Explications.

Différences entre salaire net et  salaire brut

Le salaire net est le salaire que perçoit réellement le salarié. Pour l’obtenir, il faut prendre le salaire brut de base auquel sont ajoutées les éventuelles primes et heures supplémentaires, et duquel sont déduites les cotisations salariales. En d’autres termes :

  • Salaire net = salaire brut – cotisations salariales ;
  • Salaire brut = salaire net + cotisations salariales.

En parallèle, le salaire brut sert quant à lui de base de calcul pour les charges sociales (salariales et patronales).

Charges salariales et charges patronales : comment sont-elles calculées ?

Qu’il s’agisse des cotisations salariales ou des cotisations patronales, toutes sont donc calculées à partir du salaire brut total du salarié et servent à financer la couverture sociale de base des salariés. Le total de ces charges s’élève approximativement à 72% du salaire brut (hors réductions de cotisations sociales sur les bas salaires, effets de plafonds, coûts et retenues accessoires et facultatifs à la rémunération).

Calcul des charges salariales

Les cotisations salariales correspondent majoritairement aux contributions sociales, cotisations de sécurité sociale (assurance maladie, maternité, retraite, etc.) et aux cotisations chômage.

De manière générale, le taux moyen des charges salariales est de 23% du salaire brut du salarié non-cadre (pour un calcul, le taux moyen est 25% pour un cadre). Ainsi, si votre salarié non-cadre perçoit un salaire brut de 2 000€, le montant des charges salariales s’élèvera approximativement à 460€ et son salaire net sera de  1 540€ (s’il est cadre, le montant des charges salariales sera d’environ 500€ et son salaire net de 1500€).

Calcul des charges patronales

Les cotisations patronales correspondent majoritairement à l’assurance maladie, à la contribution de solidarité autonomie, à l’assurance retraite, à la cotisation chômage, à la cotisation accidents de travail, aux formations professionnelles, à l’aide au logement et aux allocations familiales.

De manière générale, le taux moyen des charges patronales (hors réduction bas salaire, dites « Fillon ») correspond à 48% du salaire brut. Si nous reprenons l’exemple précédent du salarié percevant un salaire brut de 2 000€, le montant des charges patronales s’élève à 960€ (toujours hors déduction patronale sur les bas salaires).

Bon à savoir : Les montants sont approximatifs et dépendront du taux accident du Travail que vous notifiera la CRAM, ainsi que du type de contrat prévoyance et frais de santé que vous ouvrirez.

Comment réduire le coût de ses salariés ?

Pour aider les employeurs, l’État a mis en place un certain nombre d’aides pour réduire le coût des charges patronales.

La réduction Fillon, dite réduction des « bas salaires »

Celle-ci permet aux entreprises versant des salaires inférieurs à 1.6 fois le SMIC d’obtenir une diminution des charges patronales. Cette réduction patronale est dégressive et annuelle, c’est-à-dire que plus la rémunération brute totale du salarié va se rapprocher du SMIC, plus cette réduction sera importante. Cette réduction patronale est également annuelle, elle prend en compte le salaire brut annuel par rapport au SMIC annuel. Cela signifie que la réduction sera donc régularisée annuellement en tenant compte des variations de salaires (13ème mois, primes, etc.).

Le calcul de cette réduction est assez complexe, pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site internet de l’Urssaf. Celui-ci met également à votre disposition un simulateur : https://www.declaration.urssaf.fr/calcul/

Le Crédit d’impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE)

De même, si vous bénéficiez du CICE, vous bénéficierez d’un crédit d’impôt de 6% (pour 2018) de la masse salariale brute de l’année. Pour rappel, l’assiette de ce crédit d’impôt est constituée des rémunérations n’excédant pas 2,5 fois le SMIC, calculée sur la base de la durée légale du travail et annuellement. Cette règle obéit au principe du tout ou rien : l’ensemble des rémunérations ne dépassant pas ce seuil sont prises en comptes et toutes celles excédant celui-ci sont exclues.

Bon à savoir : en 2019, le CICE est supprimé.

Notez également qu’il est possible de bénéficier de contrats aidés pour l’embauche de personnes rencontrant des difficultés d’accès à l’emploi. Ces contrats étant attribués au cas par cas, rapprochez-vous du conseiller Pôle Emploi ou Cap Emploi du salarié pour savoir si vous pouvez en bénéficier.

Enfin, sachez qu’il existe de nombreux moyens pour réduire les charges salariales et patronales. Vous pouvez, par exemple, décider de mettre en place dans votre entreprise le chèque emploi universel (CESU), les chèques vacances, les chèques cadeaux, les tickets restaurants, mettre en place l’intéressement ou un plan d’épargne entreprise, etc. Dans tous les cas, sollicitez les conseils de votre expert-comptable pour être certain de faire les meilleurs choix.

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