Pourquoi calculer l’amortissement ? - Ça Compte Pour Moi
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16 décembre 2020
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L’amortissement est une notion comptable primordiale, mais souvent mal comprise par les entrepreneurs. Nous allons vous expliquer ce qu’est un amortissement, quel est son intérêt pour votre entreprise et quelles sont ses différentes méthodes de calcul.


Actif, immobilisations et amortissement

L’amortissement s’applique aux immobilisations de l’entreprise.

Une immobilisation est un actif : un élément du patrimoine de l’entreprise, qui génère des avantages économiques. Cet actif est utilisé pour une durée supérieure à un an et est destiné à produire des biens, fournir des services, être loué à des tiers, ou utilisé en interne.

Il s’agit par exemple d’un pont-élévateur pour un garagiste, d’un parc de véhicules pour un loueur de voitures, ou de serveurs informatiques pour un cabinet d’expertise-comptable.

Lorsqu’une immobilisation est acquise à titre onéreux par une entreprise (achat auprès d’un tiers), elle entre dans son patrimoine et est comptabilisée à son coût d’acquisition (article 38 quinquies du CGI). Or, au fur et à mesure de son utilisation, la valeur de cette immobilisation va diminuer. Afin de comptabiliser cette perte de valeur et de donner une image fidèle de la réalité économique et patrimoniale de l’entreprise, on comptabilise un amortissement.

Selon le Plan Comptable Général, l’amortissement d’un actif est “la répartition systématique de son montant amortissable en fonction de son utilisation” (Article 322-4 du PCG). Notons tout de même que certains actifs ne sont pas amortissables. Le cas le plus courant est celui des terrains, pour lesquels il n’est pas possible de comptabiliser une baisse de valeur dans le temps (BOI-BIC-AMT-10-20).

 

Intérêt de l’amortissement pour l’entreprise

Le premier intérêt réside dans le respect des normes comptables et du Code général des impôts. Mais l’amortissement est aussi utile pour l’entreprise, car il s’agit d’une charge qui diminue le résultat comptable et fiscal. Ainsi, investir dans un bien générant des avantages économiques pour l’entreprise permet de diminuer son assiette imposable à l’IS. Le choix de la méthode d’amortissement la plus cohérente par rapport à l’activité de l’entreprise, peut se révéler très important dans le calcul de la base imposable de l’entreprise (voir plus bas).

L’amortissement est également un outil de gestion. Il permet de connaître la valeur nette des actifs de l’entreprise, d’avoir une idée de l’état d’usure global de son outil de travail et de calculer ses prix de revient.

 

Bien choisir la méthode d’amortissement

Le choix de la méthode d’amortissement influence le montant de la charge comptabilisée dans les comptes de l’entreprise. Cette charge vient en diminution du résultat comptable… Et fiscal ! Il est donc très important de bien calculer la méthode d’amortissement afin :

  • de respecter les obligations légales
  • d’optimiser son résultat fiscal

On distingue l’amortissement basé sur la durée d’utilisation, de l’amortissement basé sur les quantités produites (amortissement variable).

L’amortissement basé sur la durée d’utilisation

On considère que l’immobilisation perd de la valeur dans le temps. L’amortissement sera soit linéaire, soit dégressif.

L’amortissement linéaire

Cette méthode considère que la valeur d’un bien diminue de manière constante dans le temps. L’entreprise doit donc calculer la durée d’utilité du bien : combien de temps va-t-on garder cette machine ? Ce véhicule ? Cet ordinateur ? Si cette durée est de 10 années, alors l’amortissement annuel sera égal à la valeur de l’immobilisation, divisée par dix.

Par exemple : si une entreprise achète et met en service le 1er janvier 2020 une machine d’une valeur de 100 000 €, dont la durée d’utilisation est estimée à dix ans ; alors son amortissement sera égal à 10 000 € par an.

C’est la méthode d’amortissement “par défaut”.

L’amortissement dégressif

Il considère que le rythme d’amortissement de l’immobilisation est décroissant. Ainsi, la première année d’utilisation, l’amortissement est important. Puis, il diminue au fur et à mesure des années. Il montre son intérêt notamment lorsqu’une entreprise se lance dans une nouvelle activité (qui ne sera pas forcément rentable dès le départ), et “constitue un facteur favorable au renouvellement des immobilisations […] et à l’accroissement des investissements sous forme de biens d’équipement” (BOI-BIC-AMT-20-20).

L’amortissement dégressif est une méthode strictement réglementée qui s’applique uniquement :

Notons que lorsqu’une immobilisation est acquise en cours d’année, la première et la dernière annuité d’amortissement sont calculées au “prorata temporis” : en fonction du nombre de jours d’utilisation dans l’année.

L’amortissement variable

Il peut être pertinent d’adopter une méthode d’amortissement variable, basée sur les unités d’œuvre (UO), afin d’affecter cette charge comptable conformément à la réalité d’utilisation de l’immobilisation. Cette méthode est applicable principalement dans la fabrication de biens ou dans l’utilisation d’un parc de véhicules :

  • L’entreprise définit tout d’abord la nature des unités d’œuvre : nombre d’heures d’utilisation, kilomètres parcourus, nombre de produits fabriqués, etc.
  • Ensuite, elle prévoit le rythme de consommation des unités d’œuvre sur la période d’utilisation de l’immobilisation.
  • Enfin, elle calcule l’amortissement variable pour chaque année (base amortissable x UO consommées/UO totales).

Par exemple, une entreprise de transport acquiert un camion de type semi-remorque. Elle prévoit de faire 300 000 km sur 5 ans. Elle devra alors enregistrer un amortissement annuel égal à la valeur d’acquisition du camion, multiplié par le ratio “kilomètres parcourus durant l’exercice/kilomètres totaux”. Ce qui donnera un amortissement variable, en fonction des kilomètres parcourus durant l’exercice.

Attention, l’amortissement variable est autorisé en comptabilité et est très utile en termes de gestion. Cependant, en matière fiscale, il est autorisé uniquement dans des cas bien précis (BOI-BIC-AMT-10-40-10).

 

Votre expert-comptable est là pour vous aiguiller dans le choix de la méthode d’amortissement la mieux adaptée.

Le conseil de Mathieu

L’amortissement a un réel impact sur votre résultat comptable et fiscal. Il est important de prendre le temps de réfléchir à la méthode de calcul la plus pertinente pour votre entreprise.

Mathieu Chauveau, Expert-comptable
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